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Mars, quelque part dans le monde… résonne une voix francophone

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Bogotá.

Dans une salle encore vide, quelques derniers réglages. Bientôt, la musique résonnera, les corps entreront en mouvement. Ce projet d’un spectacle de danse, c’est Anna, VSI à l’Alliance française de Bogotà, qui l’a porté pendant plus d’un an. Elle a mobilisé quinze ambassades européennes, des institutions culturelles locales, des artistes venus de divers horizons. Elle a fait dialoguer ces acteurs, coordonné leurs actions. « Ce projet ambitieux […] a permis de créer des échanges artistiques forts ». Sur scène, la Francophonie n’est pas qu’un mot, elle n’est plus seulement une idée. Elle est incarnée, vivante, en mouvement.

Le Caire.

Alexandre, VSI à l’Institut française d’Egypte, a relevé un autre défi. Au mois de mars, la Francophonie s’est déployée au Caire dans une multitude d’événements. Conférences, soirées culturelles, concours, rencontres… En coulisses, Alexandre a orchestré cette symphonie. Il a coordonné, ajusté, relancé, rassemblé. Son réseau est vaste : ambassades, institutions, bibliothèques, universités. Résultat : « 28 événements […] illustrant une programmation dense et ambitieuse ». Mais ce que les chiffres ne montrent pas, ce sont les regards échangés, les discussions qui se prolongent, les liens qui se créent. La Francophonie est devenue un terrain de rencontre.

Madrid.

Dans l’obscurité d’une salle de la Cineteca, les premières images apparaissent à l’écran. Le silence se fait. Le public est là, attentif. En coulisses, Garance, volontaire en service civique, observe. Quelques jours plus tôt, elle s’occupait encore de la communication, des publications, des derniers détails. Aujourd’hui, le festival existe. Il vit. Treize films, autant de regards, autant de façons de raconter le monde. « La vitalité et la diversité de la création cinématographique francophone » prennent forme, image après image. À la sortie, les conversations s’engagent. On compare, on débat, on partage.

Kuala Lumpur.

Changement d’ambiance. Ici, pas de scène ni d’écran, mais des tables rapprochées, des tasses de café, des voix qui s’élèvent. Des questions qui montent et des rires qui descendent en cascade. Leïla écoute les échanges qu’elle a initiés. Au début, certains hésitent. Cherchent leurs mots. Puis les langues se délient. On parle d’art, on s’interroge, on se répond. « La langue devient un outil pour partager et créer des liens ».

Un peu plus tard, dans un autre lieu, musique et conversations se mêlent. Rayan accueille les participants à une soirée pas comme les autres, « un French Meet-Up – Soirée Kampung, un moment convivial pensé comme une véritable rencontre entre les cultures. Les participants étaient invités à venir en tenue traditionnelle (batik, saree, cheongsam ou tenue de leur choix) et à partager un plat lors d’un potluck. Cette soirée a permis de réunir les employés, la population locale malaisienne issue de cultures malaises, chinoises et indiennes, mais aussi nos apprenants internationaux. L’ambiance était chaleureuse et représentative de la diversité culturelle qui fait la richesse de la Francophonie aujourd’hui. »

Bichkek.

Dans un studio improvisé, Jennifer retouche une vidéo. Puis elle ajuste un texte, corrige une prise, réfléchit à une image. Son rôle est discret, mais essentiel : donner envie, capter l’attention, raconter. Car avant qu’une rencontre ait lieu, il faut l’imaginer, la faire naître dans l’esprit du public. Communiquer autour des événements qui mettront à l’honneur la culture française, c’est déjà la rendre visible.

Kampala.

À la tombée de la nuit, un écran s’illumine en plein air. Des chaises s’alignent, des regards se tournent vers la lumière. Ailleurs, une voiture se gare face à un écran improvisé, un campus s’anime, un restaurant devient salle de projection. Angèle, volontaire à l’Alliance française de Kampala, a imaginé une programmation qui sort des murs et va à la rencontre de ses publics. Avec la société de production ougandaise FilmPossible, elle tisse un parcours de projections itinérantes, entre drive-in, universités et lieux de vie. « Avec une liberté et une indépendance plus qu’appréciées […], j’ai adoré organiser cette programmation hors les murs ». Ici, le cinéma se déplace, surprend, rassemble, et la Francophonie se vit là où on ne l’attend pas.

Paro.

Au fond d’une salle de classe, entre deux rangées de bureaux, une étagère attire l’attention. Quelques livres dépassent, des couvertures colorées s’alignent, promettant des voyages silencieux. Paul, professeur de français en VSI à la Royal Academy of Bhutan, a imaginé ce coin bibliothèque comme une invitation. À feuilleter, à découvrir, à s’attarder. Manuels, bandes dessinées, magazines, lectures faciles : chacun y trouve une porte d’entrée. Très vite, les élèves s’en emparent, reviennent, échangent. « Les ressources consacrées à la cuisine et au foot sont assurément les plus populaires ! » Dans cet espace discret, la langue se vit autrement, elle se parcourt, se choisit, se partage.

Ce qui ne se voit pas

Derrière chaque scène, chaque projection, chaque discussion, il y a autre chose.
Des heures de préparation.
Des imprévus à gérer.
Des doutes à surmonter.
Des partenaires à convaincre.

Et puis, une capacité à s’adapter, à apprendre, à travailler avec des personnes venues d’horizons différents.

Ces volontaires ne sont pas seulement organisateurs. Ils deviennent médiateurs, créateurs, coordinateurs. Ils apprennent à faire, mais aussi à être : ouverts, à l’écoute, engagés.

Une langue, mille visages

Ce tour du monde pourrait se poursuivre. Dans une salle de classe, lors d’un atelier, au détour d’une rencontre.
Car la Francophonie, telle que la vivent les volontaires, n’est pas figée. Elle s’adapte aux lieux, aux cultures, aux personnes.

Elle peut être artistique, comme à Bogotá.
Diplomatique, comme au Caire.
Culturelle, comme à Madrid.
Conviviale, comme à Kuala Lumpur.

Mais partout, elle vise le même objectif : créer du lien.

Et après ?

Quand les lumières s’éteignent, quand les événements se terminent, il reste quelque chose.

Des souvenirs.
Des amitiés à faire grandir.
Des compétences nouvelles.
Et souvent, une envie : continuer.

Car partir en volontariat avec La Guilde, ce n’est pas seulement participer à un projet. C’est entrer dans une histoire, un récit qui parle d’engagement, de rencontres et de dépassement de soi.
Une histoire qui, chaque année, s’écrit un peu partout dans le monde.
Une histoire qui attend ses prochains chapitres.

Cinéma itinérant à Kampala
French Meet-up à Kuala Lumpur
Café débat à Kuala Lumpur
Coin bibliothèque au Bhoutan
“Muestra de cine” à Madrid
Inauguration du Mois de la Francophonie au Caire